Ironman de Francfort 2011

26 07 2011

Il y a 13 mois, je m’engageais pour mon premier Ironman.
Cet engagement était principalement motivé par la proximité de ma terre natale lorraine et le gros noyau d’Asveliens partant pour l’épreuve (30 inscrits!).
Dans le monde du triathlon, l’Ironman constitue soit une curiosité soit un aboutissement ultime. Je me situe clairement dans la première catégorie.

La période de préparation

La préparation n’a pas été millimétrée. J’ai lu un certains nombre de plans pour essayer de comprendre la philosophie générale d’une préparation type. J’ai notamment regardé la méthode Hemmerlin ainsi que des plans américains. Globalement j’ai donc fait 3 à 4 sorties par semaine de natation et de course à pied et 1 à 3 sorties par semaine de vélo en fonction de la période et de la météo. Je suis entré réellement dans le gros de la préparation vers le mois de mars avec le début des sorties longues à vélo, au début des sorties d’environ 100 km pour arriver à des sorties pouvant aller jusqu’à 190 km en fin de préparation. Durant cette même période j’ai également introduit des séances de 1h30 à 2h en course à pied, parfois enchainée à des sorties vélo, plus ou moins longues (plus gros enchainement : 5h30 vélo et 1h50 CAP).
Voici un estimatif grossier du volume entre le 1 janvier 2011 et le 24 juillet :
Natation :  3 ou 4 sorties par semaine = 10-12 km/semaine = 270 km  à la louche  ;

Vélo : 5900 km avec 16 sorties de + de 100 km;

CAP : 1200 km avec 7 sorties longues de 2h. Plus longue sortie : 2h01.

3 enchainements après des sorties de + de 3 heures à vélo.

3 compétitions de préparation : CD Bourg, Half Doussard et CD Annecy. J’ai fait une pointe d’entraînement à 20h30 sur une semaine travaillée. J’ai sans doute fait un peu plus lors d’une semaine de vacances. Je m’attribuais une journée de repos complet tous les 7 à 10 jours.

L’approche de la course

A 3 semaines de l’objectif, je réalisais une course inespérée sur le CD d’Annecy. Je touchais sans doute un pic de forme.
Ensuite la machine s’est un peu grippée. La préparation commençait à me fatiguer, tant physiquement, que psychologiquement. Pour la première fois en 7 ou 8 ans, je commençais à ressentir une lassitude à l’entrainement.
Dans ces conditions, il ne faut pas grand chose pour que la machine s’enraye  totalement. L’élément déclencheur ici fut l’auto sabotage de mon vélo. 2h avant la dernières sorties longues vélo de ma prépa, je décide de baisser la potence de mon vélo. J’ai lamentablement échoué dans l’exercice. Pire j’ai tué ma direction. Je ne voyais plus d’issue. J’en ai pris un bon coup sur la cafetière. La petite goutte qui a fait tout déborder. A partir de ce moment là, j’ai un peu débranché mentalement. J’ai coupé totalement l’entrainement pendant plusieurs jours et j’ai compensé sévèrement sur la bouffe (5kg pris en 10 jours!!).
Ensuite, j’ai commencé à ressentir une douleur au talon d’Achille lors d’une sortie CAP. Dès que je courais plus de 20 minutes, je ressentais une mauvaise sensation dans le mollet et le talon. 2ème coup de bambou. Les idées noires commencent à germer.
Je n’ai plus de vélo, les jambes me lâchent.
Heureusement à ce moment là démarre ma période de congés. Ca permet au moins de soulager un peu la soupape de la pression professionnelle. Tjs est-il que durant cette période, le goût de l’entrainement m’a totalement quitté. Je me force à faire 3 séances de natation. Je sors 2 fois 20 minutes à pied. Le talon ne me parait pas bien solide. J’observe que ma cardio évolue nettement à la hausse avec des puls à 75% de FCM à 11 km/h (au lieu de 12,5 à 13 km/h en temps normal). J’en viens tellement à douter que je me dis qu’il vaut mieux partir seul à Francfort. Mon père étant platré pour tout le mois de juillet et je me dis que c’est totalement déplacé de transporter toute la petite famille pour assister à une explosion en vol, encore plus si la météo venait à être mauvaise. Mon père me remet les idées en place et je me reconcentre sur la course. Vendredi 22 juillet, le départ est imminent. Les valises sont prêtes. J’ai juste une petite araignée dans la tête qui me dit que je peux pas rouler 180 km avec une chaine qui frotte légèrement sur le grand plateau. Mon beau frère m’interdit de toucher au vélo avant le départ mais je ne peux lutter contre l’araignée. 2ème opérations d’auto sabotage du vélo. J’entreprends de modifier un peu le dérailleur avant. Je desserre le cable et c’est le drame. Le cable se barre. Je le resserre mais plus moyen de retrouver le bon réglage. Debut de panique. Puis-je faire Francfort uniquement sur le 36 dents?? Non c’est pas possible! La encore mon père me convint que je peux bien perdre 1 ou 2 h pour réparer. Je fonce donc à la boutique qui est à 25 km de là. Heureusement le type comprend l’urgence et me remet la machine complètement à neuf. Il m’aurait sauvé la vie j’aurais sans doute ressenti quelque chose de très proche. Après ce tout petit contre-temps, nous partons donc mon père, ma mère et ma nièce en direction de Francfort. Quelques galères d’orientations dans la ville nous coutent 1h30 mais nous finissons tous par arriver à bon port. Je dors pendant 2 jours à l’auberge de jeunesse avec le plus gros noyau d’Asveliens. Je partage la chambre avec Marc, alias « Chewbaca », son binôme de toujours, Steeve, et sa copine. Ils arrivent à 3h du matin la veille de la course :-D . Une légende de guerriers ca s’entretient! Lendemain matin, je décide de laisser les voyageurs de nuit profiter de quelques heures de sommeil supplémentaires et je vais chercher mon dossard. Je pars donc avec mes affaires de transitions et mon vélo vers la zone d’arrivée de l’IM. Ils sont en train de monter l’écran géant.

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Ca gravite pas mal tout autour. Je suis un peu perturbé en arrivant au point d’inscription car je dois laisser mon vélo sans surveillance. Je suis bien heureux de voir mon président et CC arriver. Moins heureux qd je constaterai que la surveillance du vélo se sera limitée au temps nécessaire à l’obtention de la réponse qu’ils attendaient du staff… Donc je récupère un gros sac Ironman avec puce et tous les autocollants qui vont se poser sur le jeu de sac bleu, blanc, rouge (vive la France!) qui vont constituer les points de stockage des affaires de transition.
Vient alors le moment d’aller déposer le vélo au parc. Petite subtilité de l’IM de Francfort, il y a 2 parcs à vélo, la natation se déroulant à 20 km  de la ville alors que la CAP a lieu autour du Main, plein centre ville. Je vais donc rejoindre la navette de transfert. J’y retrouve un gros noyau de l’ASVEL qui attend la navette. Une autre petite troupe d’Aveliens passent alors juste devant nous pour se rendre en vélo sur le lac. Je décide donc de les suivre. La tenue n’est pas idéale : jean et 2 sacs, un sur le dos et un sur le ventre.

previewfrancfort2.jpg

Je suis qd même arrivé jusqu’au parc (écrit le type qui est censé faire 180 km de vélo le lendemain…).
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Sur place je découvre un parc à vélo immense.

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Je remplis chacun des sacs de transition et j’accède à l’intérieur parc. Je fais une belle photo de moi et mon vélo (génial!). Je suis alors pris en charge par un bénévole qui parle français. Il m’explique tout ce que je dois préparer sur place et me bache mon vélo au cas où il venait à pleuvoir (totalement impossible!). Le biclou posé, je vais jeter un oeil au lac. Il s’agit d’une immense sablière. Les bouées me paraissent vraiment loin au large. Je suis également impressionné par la sortie de l’eau qui s’annonce pénible avec 30 m de montée raide sur le sable. dscn4141.jpg
Je vais ensuite manger un repas diététique constitué de nuggets et de frites au  paprika (Methode Couval).
Il faut ensuite rentrer à Francfort. Plus question d’emprunter le vélo, il faudra prendre la navette. 35 minutes d’attente et une bonne séance de compression.
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Je finis l’aprem en savourant la victoire de Cadel Evans sur le Tour de France (j’ai un problème avec Andy Schleck).

J’avale un dernier repas dans l’hôtel de mes parents constitué de pâtes bolo. Le Goupil observe tout ca avec attention.
Je rejoins l’auberge de jeunesse. J’avais quitté mes camarades de chambrée au lit et je les retrouve dans leur lit. Se sont ils levés aujourd’hui??

L’avant Course

La nuit fut très correcte avec prêt de 7h de sommeil. Je me lève à 4h20 et vais partager le petit dej avec la troupe de l’ASVEL… ou plutôt c’est eux qui vont partager leur petit dej avec moi car l’Auberge n’a rien prévu pour les leves tôt de l’IM. J’en profite pour remercier Régis et Véro pour leur sponsoring actif sur ce petit déjeuner.
Une fois repu, nous partons à 5h vers les navettes. 15 minutes de marche ponctuées de rencontres éclectiques. Nous arrivons sur le site du départ vers 5h45. Ca grouille de triathlètes, très tendus pour la plupart. Mon voisin de parc est un local. Il a déjà 5 IM de Francfort à son actif. Il me prodigue des conseils avisés et précis sur l’alimentation, qui constitue pour lui l’élément clé pour  bien finir l’IM.
Après cette petite formation de nutrition accélérée, il est temps d’enfiler la combi. Pour une fois, je ne suis pas faché avec l’exercice car la température extérieure est très fraiche (10°C?). Je pars donc vers la zone de départ accompagné de Patrick. Les pros sont sur le point de partir. Le sable est gelé. Je grelotte. J’ai un peu envie de soulager la vessie mais ne vois pas où le faire. Une fois dans l’eau ca passe. Dans ces dernières minutes avant le départ j’ai le temps d’échanger un peu avec Olivier, un bisut de l’IM tout comme moi, et Péto (qui devait en être à son 46ème départ IM). Je décide comme à mon habitude de partir tout à l’extérieur des bouées, côté droit du plan d’eau dans le cas présent.

La natation

de769partnat1.jpg
Le départ est dans l’eau. Les puls sont à 85. Je suis bien détendu pour ce départ.
Le départ arrive un peu brusquement. J’attendais sans doute quelque chose de plus spectaculaire. Etant à l’extrême droite aucun soucis de coups jusqu’à la première bouée signifiant un virage. C’est après cette bouée que les difficultés vont arriver et durer jusqu’à la fin de la première boucle. Il devient plus dur de se faire de la place car beaucoup nagent de travers. Je sors comme un australien en même temps que Ludo après 32 minutes. C’est plutôt bon signe, c’est que je suis dans le rythme. Comme il nage plus vite que moi en piscine je prends ses pieds. Je constate rapidement qu’il va s’enfermer dans un groupe qui part trop large. Je fais une perpendiculaire et je tire les bouées au plus court. Bizarrement c’est là qu’il y a le moins de monde. Sur la 2ème moitié de cette boucle, je suis bien isolé, respiration 3 temps. Je reviens sur des bonnets bleus partis 15 minutes avant. Je m’extrais de l’eau en un peu moins d’1 h à ma montre (59’57″). J’attaque le mur de sable. 3 foulées et je décide de marcher voyant mon cardio à 170 puls. Comme prévu c’est une belle galère cette montée mais ca permet au moins d’apprécier les encouragements d’une foule bien matinale et notamment quelques Asveliennes pleines n’énergie (pas d’MRJ…).

natationim.jpg
La T1

L’envie de soulager la vessie étant revenue d’actualité avec le passage en position verticale, je marque un arrêt en cabine spécialisée. Une éternité. J’ai vidé le lac! Je ressors et constate qu’il commence à pleuvoir. Je vois Steeve passer devant moi. Il me dit quelque chose que je n’arrive pas à traduire. J’enfile les manchettes et un coupe-vent sans manche. C’est parti pour le vélo après 9 minutes de transition.

Le vélo

Je pars en même temps que Steeve. Un oeil au cardio. On est bien synchrone. Je me cale à 10 m derrière. La pluie s’intensifie alors que nous descendons un tronçon d’autoroute qui nous mène à Francfort. Les gros vélos commencent déjà leur ballet. Nous passons une 1ère fois à proximité de la ligne d’arrivée. Peu de monde à ce moment là (il doit être 8h30). En sortie de la ville, je passe Steeve pour prendre un relais. Je constate qu’il ne suit pas dans les bosses et laisse donc tomber l’idée de se relayer. Il gère bien son cardio alors que je laisse le mien passer les 160 puls sur les premières bosses. Je perds donc Steeve à la première montée significative. Je reviens sur MRJ qui est concentré sur son allure. Je suis alors rattrapé par le Prez qui me demande des explications sur la météo. Je décide de le suivre pendant une vingtaine de kilomètres. Je le perds à un ravitaillement. Je fais bien attention de récupérer suffisamment de solide à chaque fois car je ne suis parti qu’avec 2 powerbars. J’en avale à peu près 1 par heure plus une banane. Je teste un peu tous les gouts mais à mesure que les heures passent je commence à me lasser de ces barres. Je prendrai plus de bananes sur la fin du vélo. La première boucle s’achève à bonne allure bien que je n’ai aucune idée de ma vitesse, n’ayant pas de compteur. Nous repassons dans Francfort. J’avoue que j’ai bien apprécié ce retour sur la ville. C’est très impressionnant quand on ressort de la campagne après avoir monté une bute couverte d’un grand nombre de supporters. Je fais d’ailleurs une apartée sur le public allemand qui est vraiment impressionant. Malgré les conditions exécrables, ils étaient nombreux et ultra enthousiastes. Parfois au milieu de la campagne, nous croisions une groupe qui avait installé une tente, la tireuse à bière et la sono pour apprécier le spectacle du défilé de vélos 4 étoiles.

Après le 2ème passage dans Francfort, la pluie décide enfin de s’arrêter… pour être remplacée par le vent, un vent terrible… Steeve est revenu sur moi. Avant lui j’avais vu passer CC qui lui aussi ne goutait pas mes prévisions météo et Pascal qui prenait 2 minutes de son précieux temps pour échanger avec moi. Merci Pascal pour cette entracte! Steeve roule un ton trop vite pour moi. Je le laisse filer d’autant que sur ce parcours vélo, je dois régulièrement soulager la vessie, sans doute parce que je bois un peu trop et surtout parce qu’il fait froid. J’ai du faire 5 à 6 arrêts sur le vélo, j’avoue ne plus me souvenir du nombre exact. A partir du 120ème km, le vent se renforce (je pense avec le recul que nous avons été face au vent sur la fin de la boucle). La passage en pleine campagne est un calvaire. Vivement le marathon! Celui-ci va mettre du temps à arriver. Avec le vent, je ressens clairement que l’allure a énormément chuté. En plus, lassé par ces conditions, je déconnecte un peu et les puls sont à 65% de FCM. Francfort finit qd même par revenir. Les gradins se sont maintenant bien remplis.

bikeim4.jpg

La T2

Un bénévole prend en charge mon vélo. Je récupère mon sac rouge. Une dame s’occupe de sortir toutes mes affaires et de ranger ce que je laisse au passage. Je garde les manchettes au cas où il retomberait une grosse averse. Alors que je me change, je vois Francky passer avec un casque à pointe!

Le marathon

Me voilà lancé sur la marathon, distance mythique pour tous les coureurs, le premier objectif que je m’étais lancé sans succès avant de me mettre au triathlon. Le plan de bataille est assez clair sur cet exercice. Ne pas s’enflammer, gérer le cardio jusqu’au km 20 et se lâcher s’il en reste sur les 20 derniers. Allons-y? Ah non faisons un petit pipi avant de partir. Ce coup ci c’est parti pour de bon. Les jambes sont nickelles, comme sur un CD. Je pars le pied léger, surtout qu’à 12 km/h je suis à 145 puls comme à l’entrainement. Le vent aurait il été un allié pour une bonne course à pied?
Sur le premier tour j’observe que Francky est à 500m derrière. Je me ravitaille souvent: en solide je prends plein de salés, surtout des bretzels (on est chez les allemands ou bien??) et des sortes de TUC, en liquide de tout sauf du Red Bull. Première boucle ultra facile. J’attaque la 2ème. Je vois Manu qui est habillé alors qu’il était en combi à 7h du mat?? Il est tombé à vélo me dit-il. Je réalise sur cette 2ème boucle que je passe bien au pied de l’hôtel de mes parents. Je les guette donc. Je les aperçois ainsi que Naomi, ma nièce. Ca me fait un bien fou. Je m’arrête un instant faire un gros bisous à ma nièce et je repars. Au niveau du 1er pont je rattrape Raphael qui a du me passer à vélo sur un de mes nombreux arrêts aux stands. En parlant de ca, j’ai le bas du ventre qui commence à ressentir les effets accentués de la gravité. Je décide donc de faire un nouvel arrêt. Celui est un peu plus long que les précédents. Je repars. Franck est passé. Je suis toujours bien dans le rythme. Je rereviens sur Raphael. Je boucle le 2ème tour, toujours très frais, avec les puls très basses. Je me dis donc que je vais envoyer un gros deuxième semi. En l’espace de 2 km cette envie est totalement passée. Les articulations de mes genoux et de mes anches ont pris 60 ans. Aie, aie, aie! Je repasse devant la famille. Le sourire est moins franc. A partir du 25ème, j’ai vraiment mal aux cannes. C’est là que les encouragements des supporteurs de l’ASVEL, Ivan, Sophie 1 et 2, Manue, Marie et tous ceux que je m’excuse d’oublier, font un bien fou. Quel calvaire ce 3ème tour! Dans la tête je tiens en visualisant des choses n’ayant rien a voir avec le triathlon. Je ne veux plus penser à l’arrivée et subir le décompte des kilomètres.

Sur le 4ème boucle, les jambes vont un petit peu mieux mais à peine. Je croise Yves qui a l’ai impeccable pour son dernier IM. Je vois quelques temps Franck à 300 ou 400 m mais je ne rentrerai plus. Entre temps Marc est passé et m’a déposé, non sans m’avoir proposé de prendre le train en route. Dans ce dernier tour, impossible de ne pas focaliser sur les panneaux de kilométrage. L’obsession de l’arrivée revient. J’ai arrêté de m’alimenter pendant 6 ou 7 km. A 1,5 km du but je sens une légère faim. Je ne veux pas faire une fringale pour l’arrivée donc je profite du dernier ravito.

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L’arrivée

Je bascule alors vers l’arrivée. Un truc de dingue! Une sono à bloc et une foule immense à vous acclamer jusqu’à la ligne située au coeur de la vieille ville. Les frissons montent. Le compteur indique 10h48. L’émotion monte également, plus parce que cela marque la fin du calvaire à pied que pour l’idée d’avoir bouclé l’épreuve.

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L’après course

La ligne franchie, une jolie jeune fille m’enfile une médaille autour du cou et me donne une serviette. Je suis heureux de récupérer une couverture de survie alors que la pluie retombe très fortement. Dans l’air d’arrivée je retrouve Régis qui cherche un abri et Davos qui grelotte. Je décide de prendre une douche. Je participe donc à la grande séance de strip tease. Quel bonheur cette douche!! Le corps est enfin soulagé… en partie.

Il est temps maintenant de passer à autre chose. Je vais chercher mes affaires et mon bike. Je sors par la première sortie que j’entrevois dans les grilles. J’en perdrai mon package de finisher mais je ne suis pas venu pour ca. Je debriefe la course avec les Asveliens que je croise sur ce retour : Marco, Marc, Steeve, Emeric et Lolo le héros du jour. Tout le monde à bien souffert des conditions climatiques. J’encourage comme je peux les Asveliens toujours en course que je vois passer : Steve qui est tout souriant et MRJ moins souriant mais très drôle avec ses oreilles de Mickey. Après une petite marche de décrassage en compagnie de Lolo, je retrouve mes parents à l’hôtel. Hormis les jambes qui sont bien broyées je suis frais, peut être plus qu’à la fin de l’Half de Doussard. La première nuit qui a suivi fut correcte mais courte. Je suis tombé du lit à 5h du matin. Les jambes sont toujours aussi douloureuses. Je profite d’un petit déjeuner copieux, sans doute un peu trop, le bacon mettra plusieurs heures à passer.

Bilan

J’avoue avoir vécu une course que j’attendais autrement. Je pensais qu’en gérant le vélo, le marathon serait beaucoup plus simple. Je ne m’attendais pas à être limité par des douleurs articulaires. J’avais lu que le mur arrivait entre le 10ème et le 20ème km du marathon, un mur souvent plus violent que sur marathon « sec ». Je n’ai jamais vu l’ombre d’un mur mais je me suis heurté à des sensations inconnues. Lolo me disait que quitte à souffrir des jambes autant courir plus vite. C’est ce déficit d’expérience qu’il m’a manqué sur la marathon car j’avais clairement la fraicheur pour aller beaucoup plus vite. J’ai eu la sensation sur cet IM de faire une très longue séance d’endurance qui se termine par un exercice de résistance à la douleur. Sportivement le plaisir fut très rare. Il n’est jamais bon de réagir à chaud mais il est clair qu’au regard de cette expérience,  je n’ai pas l’envie de me replonger dans l’exercice. J’écris ca mais sans doute qu’avec le temps l’envie reviendra pour tenter un autre type de format long. L’an prochain j’irais peut être voir du côté de l’Alpe d’Huez qui se situe entre l’Half et l’IM.

Remerciements

Maintenant je tiens à remercier tous ceux qui ont eu à subir cette épreuve à mes côtés, en premier lieu mes parents qui ont fait des efforts immenses dans des conditions physiques et logistiques très difficiles. Un immense merci! Merci aussi à tout le reste de la famille, ma soeur et Patrice qui ont aussi subit ma préparation et m’ont beaucoup encouragé à distance ou soulevé quelques doutes dans des moments délicats. Je tiens aussi à remercier l’ASVEL dans son ensemble pour l’ambiance inégalable qui y règne et qui offre des conditions idéales d’entrainements. Je remercie aussi tous mes amis et tous les collègues (notamment Thomas et François qui m’ont accompagné en course à pied et/ou à la piscine et Géraldine dont l’enthousiasme est n’es jamais entamé) qui m’ont encouragé durant la préparation, avant le départ, à l’arrivée.

Les stats

Cardio

IM complet : 148 puls/min (74% de FCM);
Natation (3,8 km) : 168 puls/min (84%);
Vélo (180 km) : 145 puls/min (73%);
CAP (42,2 km) : 148 puls/min (74%).

Chronos

tempstotalim2.jpg

tempsnatim.jpg

tempsbikeim.jpg

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13 réponses à “Ironman de Francfort 2011”

  1. 26 07 2011
    melissa (13:02:54) :

    Bravo!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    Je suis méga fière et soulagée lol. C’est pas facile à distance de comprendre si tout va bien et si son frère n’est pas un peu dingue…bon mais je suis pas bien placée pour donner des conseils de modération. Ouvrir une boutique et mettre au monde un bébé c’est une espèce d’ironmaman.

    Répondre

  2. 26 07 2011
    TOUXOU (14:23:05) :

    Splendide CR, JMB !

    Bonne récup.

    Toux’

    Répondre

  3. 26 07 2011
    pheelgood (16:36:45) :

    Bien joué JMB, je suis admiratif, un exemple à (tenter de) suivre !
    A bientôt,
    Phil

    Répondre

  4. 26 07 2011
    Delb (19:02:30) :

    Félicitations Gros!!! Et respect pour ce que tu as fait, c’est très fort…

    Répondre

  5. 26 07 2011
    sebcvl (21:43:19) :

    félicitations pour ta course et ton CR : un modèle du genre!
    pas de bol pour un 1er IM mais il faut que tu y reviennes à cette distance car ce n’est pas comme ça habituellement (enfin… parfois on se bat contre la chaleur mais je crois quand même que c’est mieux… ou moins pire, comme on veut)
    ça me rappelle mes 1ers tri qui s’étaient soit transformés en duathlon clm ou en lutte pour la survie : des désastres météorologiques! mon préz de l’époque m’avait dit
    « c’est pas du triathlon ça : oublie et attends la prochaine course, quand il fera chaud » j’ai bien fait de l’écouter…
    salut et bonne récup
    PS : pour la méthode gastronomique de veille de course : c’est pareil! il faut oublier celle que tu cites dans ton CR ;-) mais c’est sympa de l’avoir évoquée

    Répondre

  6. 26 07 2011
    Birat pere (22:39:17) :

    Donc, en imaginant que tu as tourné à 300 W, soit six lampes spots, ou les 3:4 d’un ciureur du tiur de France, cela conduit à une conso globale en 10 h de 3 kWh. 2700 kcal… Si ma physique ne m’a pas lâché en route.

    Mais tout ne se mesure pas en énergie, n’en déplaise à Jancovici, et la détermination de ces 3000 concurrents était époustouflante, vue de ma chaise roulante. Voir son fils passer comme un martien est aussi assez bluffant.

    Répondre

  7. 27 07 2011
    PASCAL (11:47:26) :

    Bien joué JM! En plus pour une première tu es largement dans le premier tiers!
    Félicitation je n’aurai pu sortir de l’eau que par l’action de quelques hommes grenouilles plusieurs jours après!!!

    Répondre

  8. 27 07 2011
    JB (12:07:22) :

    Félicitations JMB,

    Tu vois, tu m’as encore battu!! Je crois que plus jamais je ne te passerai devant, sauf si tu me laisses le faire, comme à Bourg-en-Bresse ;-)

    Bonne récup et à bientôt.

    PS, si l’envie te viens, je roule 150km samedi matin ;-)

    Répondre

  9. 27 07 2011
    Raph Moussambani (15:55:40) :

    Super ambiance tout le weekend, très belle course et organisation au top…que demander de plus…à part un peu moins de froid, de vent et de pluie !

    Bravo pour l’ensemble de ta course, t’avais l’air très facile quand tu m’as passé à pied.

    Bonne récup’ et à bientôt

    Raph still brasseur

    Répondre

  10. 27 07 2011
    MikeeBikee (22:20:10) :

    Felicitations JMB, pour un premier c’est un beau resultat.
    Les courses se suivent mais ne se ressemblent pas, la prochaine sera probablement plus ludique.
    L’ideal c’est d’etre fier de ce qu’on a fait.

    MikeeBikee, fan d’IM

    Répondre

  11. 27 07 2011
    la brunette (22:23:51) :

    Félicitations. Cela confirme que Annecy ce n’est pas du « exeptionel » mais que tu rentres dans la caté des BONS. Encre bravo !!!!

    Répondre

  12. 30 07 2011
    Franck (07:23:42) :

    Bravo à toi pour ce challenge relevé !

    Fais ch… de t’avoir doublé alors que tu…. :) )

    Toi t’es nul en météo…. (et en méca vélo)… :D
    Le reste ça peut aller ! ;-)

    Franck

    Répondre

  13. 11 08 2011
    Mag (23:32:43) :

    Toutes mes félicitations!
    Bon, je reconnais, quand tu m’as dit t’être inscrit, j’ai cru à une blague! Et quand j’ai vu que tu ne plaisantais pas, j’ai pensé « aïe, aïe, aïe! », car connaissant le bonhomme, je savais que les 13 mois allaient regorger de mails de stats et autres « je vais faire plouf après être venu au boulot en voulant sous la neige! » qui me donneraient mauvaise conscience de ne pas me bouger :-)
    Par contre, je n’ai jamais douté que tu te donnerais à fond, et que cela finirais par payer! Mais en toute honnêteté, je suis impressionnée du résultat (et tu sais qu’il en faut beaucoup pour que je dise ça!.. Mtn, je peux le dire « moi j’ai un pote qui a fait l’Ironman, oui monsieur ».
    Prochaine étape : récupérer!

    Répondre

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