Engadin Swimrun 2014

14 07 2014

 

La genèse du projet

 

Depuis 2 ans, je recherche des projets sportifs atypiques pour animer ma saison. L’an dernier j’avais choisi Milan-San Remo.

En septembre avec Nico, nous décidons de tenter de nous engager sur O Till O, un Swimrun de 60 km de CAP et de 10 km de natation qui est déjà entré dans la légende malgré une histoire très jeune. L’accès à cette course est limité donc nous construisons notre dossier. En dernier lieu nous regardons les frais d’inscription et nous réalisons qu’il faudrait tabler sur un budget de 1500 € par personne pour courir l’épreuve. Le principe de réalité nous impose de renoncer. J’accuse le coup.

Les mois passent et au hasard d’une conversation avec Steve, un ex asvelien, qui vient m’emprunter du matériel pour la Saintélyon, je découvre l’existence de cette nouvelle épreuve de Swimrun qui doit être courue le 12 juillet dans la vallée de l’Engadin près de Saint-Moritz en Suisse. Je me renseigne sur le format. C’est une course organisée par les créateurs d’O Till O avec au départ 40 km de course à pied avec 2000m de dénivelés positifs et 6 km de natation, tout ca à des altitudes comprises en 1800m et 2600m d’altitude. Banco ! Nous signons en janvier pour la course et nous entrainons avec nous 2 autres équipes : une composée des 2 asveliens, Richard et Philippe, 2 trailers confirmés et une composée d’un asvelien et un collègue de travail, Julien et Jérôme.

Nous allons donc pouvoir faire une belle prépa de groupe autour de ce challenge sportif qui va demander de gros efforts de réflexions autour de la gestion du matériel. En effet, ces swimruns sont des épreuves qui se disputent en binôme et en autonomie matériel. Vous partez avec un équipement que vous devrez conserver toute la course.

 

La prépa

 

C’est donc autour de ce problème matériel que débute la préparation. Quelle combinaison utiliser ? Faut-il la couper ? Au niveau des bras ? Au niveau des genoux ? Les 2 ? Quelles chaussures utiliser ? Quel sac emmener ? Faut il ajouter une cagoule, des gants, des chaussettes néoprènes ? Faut-il nager avec un pull boy ? Avec des plaquettes ? Les 2 ?

C’est à ces questions que devra tenter de répondre la préparation.

La période de prépa démarre dans un contexte physique compliqué. Je sors de plusieurs blessures musculaires et d’un zona très étendu en décembre-janvier qui m’a énormément fatigué. Je reprends donc doucement l’entrainement. Les sensations commencent à revenir avant qu’un coup du sort improbable ne vienne interrompre cette reprise. Le 11 février, je percute un chat en vélotaf et je fais une vilaine chute. Au premier abord elle ne semble pas laisser de séquelles mais je sortirai avec une aponévrosite qui me conduira à 7 semaines d’arrêt complet de CAP. Heureusement l’Engadin est encore loin donc je ne panique pas.

Durant cette période de diet de CAP, je compense par le vélo.

Le 10 avril, je reprends la CAP pour 4 km et sous la pression de Nico je fais ma première séance d’entrainement de swimrun à Miribel le week end suivant. Il faut en effet démarrer tôt ces séances spécifiques pour s’habituer à la nage en eau froide. Ce mois d’avril offre des températures de 0 à 10°C le matin, proches de ce que nous allons rencontrer en Suisse. En revanche l’eau semble déjà trop chaude. Elle est à 14-15°C alors que l’organisation annonce 9 à 12°C sur l’Engadin Swimrun.

Cette première séance permet de tester une composante déterminante de ce type d’épreuve, la nage avec des running aux pieds et la CAP en combinaison. Le premier constat bluffant est que les chaussures ne coulent absolument pas ! Elles gênent l’inertie des battements mais elles ne provoquent pas de défaut de flottaison. Voilà un problème de résolu ! Etant tous les 2 de bons nageurs, nous excluons rapidement l’utilisation du pull buoy qui pourrait gêner sur les sections de CAP.

Cette première séance d’entrainement est jouissive même si elle est réalisée dans un contexte de reprise qui implique toujours une part de crainte et de paranoïa de la rechute. Nous ne nous sommes pas trompés sur l’objectif !

Sachant que je ne peux pas griller les étapes sur la reprise des sorties CAP, je commence à faire des sorties longues en vélo pour me reconstruire une bonne base d’endurance. Je multiplie les sorties de 4 à 7h de vélo le week-end avec en point d’orgue une sortie de 174km à près de 4000m de D+ dans la Sarre avec une rencontre faite sur Strava (http://connect.garmin.com/activity/509578119). En parallèle, les entrainements spécifiques continuent avec Nico. En avançant dans le calendrier, les entrainements se font en commun avec les autres équipes. Des grands moments d’échange et de partage. Nous construisons avec le temps un parcours à Miribel qui fait 12 km de CAP et 3 km de nat avec quelques passages épiques avec une traversée du Rhône dans sa partie canalisée au nord du lac des eaux bleues pour pouvoir rejoindre la montée des acacias et ses passages à près de 30%. Ces traversées du Rhône sont courtes (100m) mais sont rendues particulièrement difficiles et stressantes en raison d’un courant important. Sur le dernier entrainement spécifique avant l’Engadin, je me suis d’ailleurs fait peur sur une traversée, ce qui me conduira à renoncer à la 2ème traversée.

Nous terminons la prépa avec Nico avec un aquathlon couru en conditions de course, à l’exception du port de la combinaison, rendu impossible par les températures extérieures (http://jmbomablog.unblog.fr/2014/06/22/aquathlon-m-danse-2014/). Il nous permet de valider les repères pris à l’entrainement.

Je termine la prépa avec 6 séances spécifiques, ce qui est très loin de ce qui était envisagé au départ, mais les problèmes logistiques et d’emploi du temps de chacun ne nous ont pas permis d’en faire plus en commun. Mais chacun de notre côté nous avons fait le job foncier, Nico ayant fait de son côté 10 séances spécifiques et des sorties à fort dénivelé dans les Alpes. Personnellement je n’ai pas pu beaucoup travaillé cette aspect si ce n’est au cours de vacances sur les côtes de Moselle qui ressemblent à une colline en comparaison du relief qui nous attend en Suisse.

J’aurais également pris soin lors de cette prépa de prendre quelques kilos afin d’assurer une isolation thermique naturelle.

 

L’approche de la course

 

Le 10 juillet nous partons à 5 dans la voiture de Nico direction la Suisse. A bord, Julien, Jérôme, son coéquipier et collègue, Nico et moi-même. Richard part de son côté avec toute sa famille. Le voyage est long (près de 9h pauses comprises) mais dans une ambiance qui annonce un week end énorme avec comme animateur principal Julien alias Mikee.

Nous arrivons sur la vallée de l’Engadin après avoir grimpé un col qui ferait passer l’Alpe d’Huez pour un léger faux plat. L’endroit est sublime ! Une succession de lacs entourés des Alpes couvertes de neiges sur ses sommets. Nous nous arrêtons dès le premier lac. L’envie de sentir le cadre, de « gouter » l’eau est trop forte. Nous tombons sur un groupe de 3 français qui a eu la même envie que nous. Ils nous font part de la difficulté extrême de nager dans les lacs de la vallée. Nous écoutons d’une oreille car en aillant mis la main à l’eau nous évaluons la température autour de 14°C…

Nous savourons un premier repas et une première bière sur notre base arrière à St-Moritz.

Le lendemain matin, nous enfilons les combinaisons pour aller tester la température du lac de St Moritz, qui aura été au centre de toutes les discussions, de tous les choix de matériels de ces mois de préparation. Quel choc fut ce premier contact !! L’entrée dans l’eau est terrible. Je me lance tête dans l’eau et au bout de 30m, ma tête refuse totalement l’eau. Impossible de l’immerger plus longtemps. Sensation totalement inédite et grosse angoisse ! Comment nager dans ces conditions ?? Je me relève, échange les mêmes impressions avec mes camarades. Nico repart avec sa cagoule du GIGN. Ca me donne du courage et je relance la machine. Je me fais souffrance pour nager normalement. Après 2-3 min, le sang réchauffe les pieds, les mains et le visage. C’est très froid mais supportable. Ouf ! Nico fait des ajustements techniques sur sa combi avec mon aide malheureuse (désolé pour cette découpe approximative :-/).

Cette séance rebat les cartes des choix de Philippe qui avait clairement vu trop léger au départ. Jérôme, le moins expérimenté de la bande, semble valider ses choix.

Au retour à la chambre, Philippe et Jérôme restent un bon moment sous la couette pour se réchauffer.

L’après midi est l’occasion de visiter Saint Moritz, ville où la 208 ou la mégane est remplacée par la Bentley…

A 18h, nous allons chercher les dossards. Nous retrouvons Richard qui a aussi des questions matérielles plein la tête. Nous découvrons une organisation loin de la grandiloquence du circuit Ironman.

A 19h un long briefing nous est dispensé. L’histoire du swimrun nous est racontée avec 3 des 4 initiateurs du projet, né autour d’un délire de soirée arrosée. L’accent du briefing est porté sur le plaisir à prendre du cadre exceptionnel offert par la vallée de l’Engadin et du partage de la course avec son coéquipier.

Nous rentrons à l’hôtel manger une dernière ration de pâte puis nous coucher, le réveil programmé à 5h30.

La nuit qui précède la course sera bonne, en une traite, jusqu’à 4h. Ensuite le cerveau est en éveil complet, plus moyen de fermer l’œil. 6h30 de sommeil sont largement suffisantes.

Tout le monde se réveille doucement, progressivement, sort les gâteausports. La tension est palpable. Nous savons tous que nous allons vers quelque chose d’extraordinaire mais de terriblement difficile. Sur le plan personnel, je suis tendu mais finalement moins que sur la matinée qui a précédé la première mise à l’eau. Maintenant que je pris conscience physiquement de la composante « température de l’eau » et je suis plus tranquille.

Pour la course je pars donc avec :

-une combi Orca alpha intégrale ;

-une cagoule néoprène Blueseventy ;

-une paire de lunettes zoggs photochromiques pour s’adapter au mieux aux changements de luminosité ;

-une banane étanche avec 18 pâtes de fruits et 2 gels ;

-une paire de Newbalance 860.

Nous nous rendons à Sylvaplana pour prendre le bus qui va nous conduire sur la ligne de départ. Dans le bus, l’ambiance est très calme mais plus sereine que sur Ironman. Nous échangeons avec des français que nous croiserons durant toute la durée de l’épreuve.

Nous sommes déposés sur un petit parking. Nous récupérons une grosse balise GPS qui va servir à suivre notre position en temps réelle durant toute la course et accessoirement contrôler que nous ne coupons pas le parcours.

Nous descendons un petit chemin. Nous sommes dans le creux d’une petite vallée. Nous nous plaçons sous l’arche de départ vers 7h20. Malgré la combinaison, nous commençons à avoir froid. Nous rejoignons donc tout un groupe de coureurs qui s’est mis au soleil. Nous retrouvons les autres binômes de l’ASVEL.

Vers 7h50 nous retournons sous l’arche. Nous voyons débarquer une équipe féminine qui danse avec un mini ghetto blaster. Scène assez surréaliste, d’autant plus qu’elles sont habillées en combi légère. Nous ne donnons pas cher de leur chance de finir… L’avenir nous donnera tord, de très loin ! Elles finiront première équipe féminine !


La course

 

Nous sommes en pleines discussions quand le départ est lancé un peu à la surprise de la 2ème moitié du peloton. C’est parti ! Ce moment tant attendu depuis plus de 6 mois est arrivé.

Départ

Nous partons tranquillement avec Nico. Nous échangeons beaucoup dans ces premiers mètres tant le spectacle est magnifique. Nous franchissons un barrage hydraulique puis les choses sérieuses commencent. Nous arrivons sur des vrais chemins de trail, pleins de roches et très étroits. Il est quasiment impossible de doubler. La position au départ est donc déterminante. Très rapidement le dénivelé se montre colossal. Tout le monde marche en file indienne.

CAP 1

Je commence à avoir terriblement chaud. Je transpire comme jamais. J’ouvre la combinaison par l’arrière. L’ascension fait 3 km à 400m de dénivelé positif. Nous parvenons à doubler quelques équipes qui bouchonnent. Nous ne perdons jamais de vue le cadre sublime que nous offre la course. Arrivé sur le petit plateau, je pense pouvoir récupérer mais il n’en sera rien. Nico relance la machine et nous pouvons enfin courir. Malheureusement mes problèmes d’hyperthermie ne s’arrangent pas et le cardio continue de monter. Je m’arrête sur un petit torrent pour me rafraichir le visage.

Nous amorçons la descente qui est aussi technique que la montée. Là je me rends compte que je manque cruellement d’expérience sur ce type de terrain. Nicolas vole littéralement et je commence à le perdre de vue. C’est à mon tour de bouchonner du monde. Je me fais passer par plusieurs équipes. Nous voyons maintenant le premier lac en contrebas et même s’il paraît encore loin il y a déjà pas mal d’équipes qui sont en train de le traverser ! Nico s’arrête pour me retrouver. Je lui fais part de mes problèmes de surchauffe. Nous arrivons au pied du premier lac. Mon cardio indique l’hallucinante valeur de 182 bpm !! Je savais la course d’une incroyable difficulté mais j’étais encore loin du compte ! Nous avions tablé sur 32 minutes pour cette section. Nous avons mis 1h pour parcours les 5,2 km (550 D+, http://connect.garmin.com/modern/activity/539973135).

La première transition est assez longue. Nous devons nous fermer mutuellement les combinaisons, enfiler cagoule, lunettes et bonnet. Julien et Jérôme reviennent sur nous et plongent dans l’eau bien avant nous.

Nat 1

Cette première section de natation est courte (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973141) mais elle me fait un bien fou. J’avais tellement chaud. Le froid est donc salvateur dans ce cas. Je nage plus rapidement que Nico qui porte le sac avec l’eau et la balise. Je bascule souvent sur le dos pour contrôler sa position.

Nous sortons de l’eau en même temps que Julien et Jérôme. Nous allons vivre un joli moment de partage à 4 sur cette 2ème section de course à pied. Nous redescendons vers la vallée. La vue est hallucinante ! Ca vous met le frisson. Avec Nico, nous réalisons le bonheur que nous avons de courir dans un tel cadre. Nous redescendons vers le lac de Sils sur des chemins globalement plus larges et moins techniques que sur la première CAP (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973144).

La transition est encore longue (plus de 2 minutes). Comme lors de la première natation, Julien et Jérôme reviennent sur nous et plongent à l’eau avant nous.

La fraicheur de l’eau m’apporte plus qu’elle ne me dessert. Dans cette première partie de course, les secteurs de natation sont toujours attendus avec beaucoup d’impatience pour pouvoir faire redescendre la température corporelle. Je sers encore de poisson pilote à Nico. Nous dépassons Julien et Jérôme à mi parcours de la section. Nous dépassons beaucoup d’équipes qui sont déportées par le léger courant et qui ne tirent pas droit sur la sortie, indiquée par un immense drapeau jaune placé en hauteur, facilement visible de loin (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973149).

A la sortie de l’eau je prends l’habitude d’avaler une pâte de fruit. Nous bénéficions du premier ravitaillement de course. Il y a assez peu de choses. Je bois beaucoup. Ce nouveau secteur de CAP commence par une longue montée assez large sur un chemin bétonné. Avec Nicolas nous alternons marche et course en mode fractionné. Dès que le cardio atteint 170 bpm, nous marchons (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973151). Nous reprenons encore quelques équipes. Les descentes commencent à faire mal aux cuisses. Le retour dans la vallée à découvert me fait de nouveau terriblement souffrir de la chaleur. Je commence à ouvrir un peu plus la combinaison sur le haut sans toutefois enlever les manches. Nico est encore d’un très grand soutient moral dans ces moments. Nous échangeons sur les barrières horaires. Avant la course nous avions projeté de passer la 1ère (fixé à 13h45) avec 2h d’avance mais nous commençons à réaliser qu’il ne faudra pas trainer pour la passer. Cela m’ajoute pas mal de stress alors même que je me demande comment je vais gérer mes problèmes de surchauffe sur la durée.

Nous arrivons au départ du 3ème secteur de natation. Comme toujours transition longue. L’eau me semble plus froide qu’avant. Avec l’allongement de la distance des secteurs de natation, le froid se fait nettement plus sentir. Il pénètre les pieds, les mains et le visage (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973154). Sur ce passage, un bateau contrôle la distance entre les 2 membres des différents binômes. 2 équipes autour de nous se font rappeler à l’ordre.

Nous sortons dans les rochers, bien aidés par des bénévoles formidables. Nous nous alimentons et repartons doucement. Les pieds sont un peu anesthésiés. Le début du secteur dans les bois est sublime (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973155). Ensuite nous retrouvons une route goudronnée, totalement découverte. Je recommence à surchauffer. Heureusement, à l’arrivée dans le village de Sils nous retrouvons un ravitaillement et les encouragements nourris de la famille Trillat. Nous nous arrêtons 3 minutes à ce ravito car il faut recharger la poche d’eau.

Dès la sortie du village nous retrouvons de gros dénivelés mais à l’ombre. Nous arrivons sur un petit plateau où nous traversons des zones de pâturages parfois très boueuses. Dans l’un des champs nous passons entre des chevaux de traie.

Chevaux Engadin

La descente est assez raide mais moins technique qu’en début de course. Les cuisses brûlent sérieusement. Enième retour dans la vallée. Le soleil continue de cogner très fort. Pas question de faiblir car il faut absolument franchir la première barrière horaire, la plus dure à tenir. Nico est d’un soutien sans faille sur ces moments de grosses difficultés. Il fait le tempo, m’encourage.

A l’arrivée sur le début de la 4ème section de natation, comme toujours, la Trillat Family est là pour nous encourager chaudement. Le public et les bénévoles sont aussi des soutiens importants. Murielle nous annonce 7’ devant l’équipe de Julien et 20’ devant l’équipe de Phil et Richard.

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La distance se rallonge encore un peu plus (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973161). Le froid pénètre toujours plus profondément les extrémités. A la sortie de l’eau nous avons du mal à nous comprendre tant les mâchoires sont figées.

Une zone de ravitaillement nous attend à la sortie d’eau. Nous échangeons avec des Genevois qui nous disent que ne pouvons qu’être finishers avec un sac de la Saintélyon. Nous les croiserons souvent sur la course et ils nous encourageront chaudement à chaque fois.

Ce nouveau secteur de CAP reprend des niveaux de difficulté équivalents au premier tronçon (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973239). On pose les mains sur les genoux pour avancer. La descente est tout sauf un soulagement pour les jambes. Elle a le mérite d’être ombragée. Le passage dans la vallée sera le passage à découvert le plus long et sans doute le plus dur pour moi. Là encore Nico sera un soutien mental inestimable. La barrière horaire est à portée de main. Un œil à la montre. Ca va le faire ! Nous franchissons le cut off avec 35 minutes d’avance alors que nous tablions sur 2h d’avance la veille… Nous savons que maintenant nous allons avoir 2 secteurs de plus de 1000m de natation et que nous allons donc reprendre du temps sur le 2ème cut off.

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Il y a un ravitaillement juste avant la plongée pour la section de natation la plus longue de l’épreuve, l’occasion de gouter la saucisse locale ! Murielle et les filles sont comme toujours là pour nous encourager. Ca rebooste le mental avant d’attaquer la section de natation la plus longue. Ce secteur est assez particulier car il y a un petit courant positif et le vent s’est levé pour creuser légèrement le lac (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973242). Il est également plus froid que les sections précédentes. Je commence à sentir les efforts consentis depuis le début de l’épreuve en natation. Les bras, les épaules et le dos commencent à me faire mal. J’essaie d’allonger au maximum ma nage. Je vois que Nico commence à marquer un peu le coup également en natation. Quand je me retourne ou brasse pour parler avec lui, je fais des petites crampes sur les cuisses et/ou les mollets. Malgré cela, je prends beaucoup de plaisir sur ce secteur. Je profite de la vue sur les sommets à chaque respiration. Le passage de ce premier cut off éloigne une grande partie des doutes de ne pas finir qui m’avaient traversé sur le début de la course. J’en ai le frisson dans l’eau.

A la sortie de l’eau, les pieds semblent complètement endormis. Nous nous alimentons. Nico me dit avoir froid, il claque des dents.

La reprise de la CAP est rendue très compliquée par l’impact du froid sur nos muscles et notre métabolisme. C’est à mon tour de prendre le relais dans l’équipe. Mon cœur est maintenant bien redescendu avec ce long secteur de natation et le soleil qui commence à disparaître derrière les nuages qui ont fait leur apparition. Je me place devant et encourage Nico à repartir progressivement. Cette section de CAP assure la transition vers le lac de Saint Moritz (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973243). Nous traversons un parc où es gens font des barbecues… Aie, aie, aie… Que la tentation est grande d’aller chercher une saucisse ou une côtelette ! Nous passons ensuite à côté du tremplin de saut à ski de St Moritz reconverti en zone de bal trappe en période estivale. Nous arrivons ensuite en ville et croisons les regards étonnés des badauds. Nous passons devant l’hotel. Je demande à Nico s’il a les clés de la chambre pour pouvoir aller piquer un petit somme.

Nous voilà au départ de la 2ème section longue de natation, 1250m annoncés mais un peu plus en réalité ce qui aura des conséquences lourdes pour certaines équipes, notamment l’équipe de Richard (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973245). Nous retrouvons Murielle et ses filles qui nous transmettent toujours autant d’énergie. Le soutien des proches sur ces courses si longues et si dures est une aide inestimable. Nous nous lançons sur le secteur en tachant de nous orienter au mieux en suivant la rive du lac. L’eau est très froide. Je sens que Nico est dans le dur. Il marque de nombreux arrêts. De mon côté je continue à faire des crampes aux jambes dès que je commence à les plier. Ce secteur me paraît très long. J’avoue marquer une certaine lassitude sur les 500 derniers mètres.

A la sortie de l’eau, on contrôle notre vigilance. Nous ressentons les mêmes symptômes que lors de la natation précédente. Nico éprouve beaucoup de difficultés à relancer la machine. Je le motive autant que je peux, notamment en annonçant l’arrivée sur la dernière barrière horaire, celle qui nous ouvre la porte vers le ticket de finisher. Ce secteur de CAP est très court, 1500m (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973247). Il nous amène au fond de la vallée sur un tout petit lac dans lequel nous devrons allez chercher une bouée pour ensuite revenir sur la plage de départ. Avant cela nous passons par un ravitaillement. Arrivée au bord du lac, je vois que Nico claque des dents. Il est vraiment dans le dur. Je réalise qu’il faut faire un vrai stop. Calmer le jeu, prendre le temps qu’il faut sinon nous risquons l’abandon. Je l’invite à retourner au ravitaillement manger. Nous marquerons un arrêt de près de 6 minutes mais il était indispensable.

Cet avant dernier lac est petit, peu profond et la température de l’eau est nettement plus chaude, autour de 16°C (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973250). Cela va permettre de récupérer un Nico tout neuf. A la sortie de l’eau, il a retrouvé tous ces esprits et ne claque plus des dents. On va y arriver ! On va aller au bout !

Le secteur de CAP qui suit est le plus long de la course, 8300m pour 340 m de dénivelé positif (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973253 ). Avant de repartir nous nous arrêtons à la station de ravitaillement placée devant le lac. Je dois m’asseoir pour enlever le sable abondant qui s’est glissé dans mes running. Retour des crampes. J’en rigole avec Nico. Maintenant la banane ne peut plus quitter nos visages. Nous buvons et mangeons. Nous nous mettons de nouveau en route. La pluie fait son apparition. Nous savourons ce long parcours dans les bois. Nous sommes seuls. Nous croisons occasionnellement des randonneurs ou des vététistes mais aucun concurrent. Nico m’encourage à courir tranquillement sur les secteurs sans dénivelé mais la moindre petite élévation est le prétexte pour marcher et savourer l’instant. Une biche nous observe, sans sembler gêner par ces pingouins sylvestres. Ce passage est sans doute le moment de partage le plus fort de l’épreuve avec Nico. Nous repassons devant l’hotel qui se cache derrière les pins puis sous le tremplin de saut à ski. Les coups de feu du bal trappe troublent la quiétude de l’endroit. Nous amorçons la descente vers le lac Champfer. En bordure du lac nous revenons sur une équipe française. Echanges très sympas. Je lance le pari de finir la dernière nat en pap.

Nous plongeons dans le lac et je constate que Nico est clairement de retour aux affaires. J’ai du mal à suivre son tempo. A quelques mètres du bord d’arrivée, je tiens mon pari et fait 4 mouvements de pap :-D (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973258).

Dernier secteur de CAP (http://connect.garmin.com/modern/activity/539973259). Les jambes reviennent. Nous allons bien plus vite que sur toutes les sections de CAP précédentes. Nous remontons rapidement 2 équipes qui nous encouragent très sportivement. L’arrivée approche. Nico me dit que nous allons pouvoir passer sous les 9h. Nous remontons vers l’arche d’arrivée. Main dans la main nous franchissons la ligne après 8h59’40 » d’effort.

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Arrivée Engadin

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Murielle et les filles sont là. Je craque un peu émotionnellement sous la fatigue et la joie d’avoir vécu un moment aussi unique. Je remercie chaleureusement l’organisateur puis je tombe dans les bras de Nico, ma moitié indispensable sur cette épreuve. Merci Nico d’avoir accepter ce challenge, de m’avoir porté à bout de bras sur toute la première moitié de la course et sur la fin de l’épreuve !!! T’es un géant!

En retrouvant mes esprits je vois Philippe qui nous félicite, tout habillé. Je comprends qu’ils ont du abandonner avec Richard. Nos camarades de chambrée et de club ont du renoncer, dans la 1ère section longue pour l’équipe de Julien et dans le lac de St Moritz pour l’équipe de Phil et Richard. Le froid aura eu raison de Jérôme et Richard.

La nostalgie m’envahit alors que je termine ce compte rendu. Il m’aura permis de revivre une 2ème fois la course.

Le paradis existe, il est dans l’Engadin.

Vidéo de la course :

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9 réponses à “Engadin Swimrun 2014”

  1. 15 07 2014
    nananov (10:39:25) :

    Salut,
    Bravo d’avoir fini ! J’étais dans l’équipage 55, on s’est croisés plusieurs fois durant l’épreuve, c’était sympa. On vous passait en nat et vous repassiez en càp. Les français avec qui vous avez parié de nager en pap à la fin, c’est l’équipage 58, nos potes Nico et Ludo.
    Cette course était fantastique, dure, à refaire quoi ! Nous aussi on a « pleuré » en allant dans l’eau la première fois. Mesurée au thermomètre à 9° à la fin du 1400m…
    A l’an prochain ?

    Répondre

  2. 15 07 2014
    Christian DUFRÉNOY (18:46:22) :

    Bonjour
    Chapeau bas pour l’entrainement, l’épreuve et le « compte rendu » (très bien écrit soit dit en passant). Tout est remarquable, félicitations.
    Cordialement
    Christian DUFRÉNOY
    Modeste (et vieux..) triathlète…

    Répondre

  3. 15 07 2014
    jmbomablog (19:21:36) :

    Merci à vous 2.
    Je me souviens bien des 2 équipes 55 et 58. L’an prochain je ne pense pas revenir. J’ai un autre challenge en tête ;-)
    Bonne récup!

    Répondre

  4. 16 07 2014
    Doyoutrain (12:24:49) :

    Joli compte-rendu très détaillé.. On voit que la course est encore bien fraiche ! C’est vrai que c’était exceptionnellement beau et difficile (team 53). Bravo pour votre jolie performance et cet entrainement ! C’est quoi le prochain challenge ? ;)

    Répondre

  5. 17 07 2014
    jmbomablog (23:51:53) :

    Le prochain challenge sera Liège-Bastogne-Liège. Je suis passionné de vélo depuis 2 ans et j’ai presque regretté de ne pas pédaler plus cette année. L’an prochain sera un défi monochrome.

    Répondre

  6. 18 07 2014
    Delb (23:30:46) :

    Jolie perf gros! J’ai suivi de mon fauteuil ton avancée en direct, et respect pour avoir fini. Avec un beau classement en bonus!

    Répondre

  7. 25 07 2014
    nananov (14:25:09) :

    Bon courage pour le vélo. Moi j’y suis allergique ! Encore que j’ai vu un 24h vélo sur le circuit de 26km du Nürburgring en Allemagne qui me ferait bien envie…

    Répondre

  8. 13 10 2014
    Jean-Nico (11:52:25) :

    Bravo et Merci pour ce compte-rendu qui donne vraiment envie de se lancer!
    J’aimerai le faire l’an prochain avec un ami et ton recit me rassure encore plus dans cette envie!!

    Encore Félicitation!

    Répondre

  9. 5 06 2016
    xavier philippe (22:20:30) :

    salut JM
    dis moi, j’ai un athlète qui va faire un Swim & Run (6+34) semaine prochaine, on se posait la question des chaussettes et des ampoules éventuelles , tu as des conseils particuliers de ce coté la?
    merci d’avance, et j’espère que tout va bien pour toi

    xav’

    Répondre

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