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Tour du Mont Blanc 2015

20072015

TMB

Je suis incapable de me souvenir du cheminent qui m’a conduit à envisager la participation au TMB.

Je l’avais initialement programmé pour 2016. Cette année je ne ciblais que Liège Bastogne Liège (http://jmbomablog.unblog.fr/2015/04/26/challenge-liege-bastogne-liege-2015/). L’épreuve s’étant merveilleusement bien déroulée, je décide de profiter de la préparation de cette classique très vallonnée (273 km et 4600 m D+) pour avancer le projet. Mes camarades du VS2M avec qui j’avais partagés l’expérience belge, Natale, Corentin et Florian sont aussi partants pour le challenge, sans consultation des uns et des autres au préalable. Belle alchimie!

Après LBL, je suis donc ultra motivé pour ce TMB. Je remonte donc assez vite sur le vélo. Déjà programmé en début d’année, je participe à Lyon Mont Blanc (http://jmbomablog.unblog.fr/2015/06/08/lyon-mont-blanc-2015/) en 2 étapes, épreuve parfaite pour préparer le TMB : 2 x 200 km avec 6000m D+ en cumulé. Je partage l’aventure avec Pascal. Ca restera l’un de mes plus beaux souvenirs cyclo.

Par la suite les températures vont monter sur Lyon, la fatigue arriver. Je vais avoir du mal à faire de longues sorties à dénivelé. Je décide de ne pas tirer sur la machine pour éviter la surfatigue. Je limite les sorties longues à 120km avec 2000m de D+ comme sortie type du week end. Je ferai tout de même 2 très grosses sorties lors des épisodes de canicule (pas bien !), qui me feront douter de ma participation au TMB : une sur le Grand Colombier (https://connect.garmin.com/activity/816410755) pour faire un gros concentré de dénivelé positif sur des pentes raides et une dans le Beaujolais (https://connect.garmin.com/modern/activity/823057681) avec un straviste parisien, Pierre M. J’ai souffert comme rarement sur ces 2 sorties. Heureusement à 8 jours de l’événement les sensations reviennent et le cardio retrouve des valeurs basses. J’ai également quelques échanges à distances avec Natale, qui, avec son mental de guerrier, malgré des galères de vélo qui m’aurait fait complètement disjoncter, me rassure « On sera tous finishers! »

J’arrive sur l’épreuve avec 7 000 km et 100 000 m de D+ depuis janvier.

Je fais quelques ajustements sur le vélo. Je monte un plateau de 34 au lieu d’un 36, monte une cassette et un plateau de 50 tout neufs. Je fais réviser le vélo et achète les lumières obligatoires à la course qui part à 5h du matin, croise de nombreux tunnel et peut se finir de nuit.

Pour ce qui est de la planification du déplacement et du séjour, j’opte pour la même option que pour LBL. Je me prends un bel hôtel, histoire d’être bien au calme et pouvoir dormir confortablement le soir qui suit la course.

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Je pars le vendredi. J’arrive aux Saisies vers 15h. Beaucoup de monde aux retraits des dossards. Cette édition du TMB, la 5ème, s’annonce comme une année record en terme de participation avec près de 450 inscrits. Je découvre que la dépose des sacs de ravitos perso aux points de ravitaillements choisis se fait aujourd’hui. Aie! J’ai tout laissé à l’hôtel, 7 km plus bas. Il va falloir faire un aller-retour et surtout je n’aurais pas avoir tout le temps de la réflexion sur ce que je vais mettre dans chaque sac. J’ai fait une pré liste mais tout n’était pas figé et j’attendais de faire une dernière étude de la météo pour trancher certains choix. Je remplis les sacs en me concentrant sur la nourriture. Je ne fais jamais confiance aux organisations donc je mets des choses variés, que certains trouveraient atypiques : des mini quatre quarts, des sachets de Haribo, des gaufres liégeoises, des gels au coca, des tablettes de boissons isostar Orange et Cola. Sans m’en rendre compte je mets mes 2 maillots ASVEL dans les sacs. A mon retour à l’hôtel j’aurais un moment de panique en réalisant que je n’ai pas de maillot vélo mais l’orga fournit un maillot TMB. Ouf!!!

Je retourne à la station retrouver toute la bande du VS2M pour le briefing de course. Personne ne semble stressé. Le briefing passé, nous pensons enchainer sur la pasta party mais rien de ne se passe. Calme plat en cuisine. Le patron de l’orga vient taper la causette avec nous. Nous finissons par lui demander quand est le repas. « 19h » nous dit-il. Aie!!! Une heure d’attente.

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Finalement ils démarreront à 18h30. C’est du low cost. De toutes petites rations, dignes d’une classe éco en avion. Etant gros mangeur je fais un peu la grimace. Heureusement j’ai des réserves monstres à l’hôtel :-D .

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Je prends congés de mes collègues du VS2M. A l’hôtel je dévore un paquet de croco haribo, des tucs, les mini sandwichs que j’avais préparés mais que je ne compte pas emmener demain pour des raisons de fraicheurs.

Je me couche à 20h30. Pas de soucis pour m’endormir. Je suis réveillé 2h plus tard par du bruit dans les couloirs de l’hôtel. Pas de soucis… sauf que les bavardages s’éternisent… 15 min… 30 min… 45 min… Il est 23h15. J’enfile un t shift et sors pour tomber sur une large famille installée dans un grand salon à 5 m de la porte de ma chambre. Je leur explique mon problème et l’un des gars me dit être aussi sur la course!! Ok!! C’est juste parfait de dormir 3h avant une course pareille… Tout le monde rentre sa chambre mais je suis remonté comme un coucou et il me faudra un peu de temps pour me rendormir.

3h. Le réveil sonne ! Pendant 5 secondes je ne sais plus trop où je suis et ce que je fais là. La douche. Le petit déj un peu dur à avaler à cette heure. Je prends tout ce qu’il faut pour le départ et je pars vers 4h15 pour rejoindre la ligne de départ.

J’arrive à la station à 4h30. Peu de monde encore sur la ligne mais déjà la sono avec la musique qui va bien pour vous donner le frisson.

Mes camarades du VS2M arrivent sur la ligne vers 4h50. On prend des photos, des vidéos, on plaisante, on s’encourage.

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La course

 

5h. Le départ est lancée. Ca démarre par une longue descente, soit disant neutralisée, mais je ne m’en rendrais pas compte tant ca descend vite. Cette descente est à la fois magique, de part le défilé des lumières, et flippantes, car on ne distingue pas ou peu les pièges de la route. Des nombreuses crevaisons interviennent dans les premières minutes. On retrouve sur le sol pas mal d’éclairages qui avaient été mal fixés. Un bidon vole. Il arrive sur Natale. Il roule dessus avec la roue arrière sans tomber. Ouf !

J’essaie de suivre Natale mais il descend comme une bombe et remonte tout le peloton.

Quand les premières lueurs du soleil interviennent, je réalise que mon Garmin n’est pas déclenché (je l’avais actionné avant de partir en mode auto lap pour être sûr de pas louper le départ, mais quand c’est parti j’ai réappuyé sur start/stop…). 15 km de perdus.

On arrive dans une vallée. Avec Natale ca discute. Je me sens pas très bien. Le cardio est anormalement haut par rapport à la vitesse. J’essaie d’analyser le pourquoi du comment. Je comprends pas trop. La nuit passée ne peut pas expliquer l’écart. Sans doute le départ atypique me dis-je. La suite validera cette hypothèse.

Nous rencontrons une première section de dénivelé positif pour remonter vers Megève, qui nous permet d’apercevoir devant nous pour la première fois le Mont Blanc, avant de replonger vers Chamonix. La descente est plus prononcée et malgré le fait qu’il soit 6h, nous rencontrons du trafic. Le groupe dans lequel je suis avec Natale prend quelques risques pour doubler les voitures. Je prends une petite cassure à l’occasion d’un rond point. Petite accélération sur le plat à 45 km/h pour revenir. Je me dis que c’est c… de faire ca si tôt dans la course mais je pense avec le recul que ce fut un mal pour un bien. J’ai débridé la machine et ensuite je me suis senti nettement mieux sur toute l’épreuve.

Nous nous arrêtons au premier point de ravitaillement. Je fais le plein d’eau, vais faire un petit pipi. Je vais repartir mais Natale a disparu. J’interroge mes autres collègues du VS2M. Personne ne se souvient l’avoir vu partir. On retourne au charbon.

Le soleil illumine maintenant toute la petite vallée de Chamonix et nous pouvons profiter au maximum de la vue sur le Mont Blanc. J’évolue avec Corentin, Florian et Steph. On papote, on profite, on filme.

Nous démarrons le col des Montets, 11,6 km à 3,6% de moyenne

 

Col des Montets

Parfaite échauffement (si nous n’étions pas déjà chaud…), sans soucis. Ce col marque notre passage en Suisse. Je bascule avec Corentin et Florian qui sont des grands descendeurs. Je m’accroche pour rester au contact. Le compteur s’affole, près de 80 km/h. Pas de vallée, nous enchainons directement sur le col de la Forclaz, 7,5 km à 5,8% de moyenne.

 

Col de la Forclaz

Ca se durcit. Le revêtement est impeccable mais les conducteurs suisses le sont un peu moins… Il fait toujours très bon (18°C?). Nous rejoignons Natale à mi montée. Il s’était mis au chaud dans un petit groupe. En haut du col je constate que le ciel se couvre sévèrement à l’Est. Encore une descente propre et rapide.

Nous arrivons au 2ème point de ravitaillement. Je vais récupérer dans le camion mon sac perso. Je prends les 4 quarts, les gels, fais le plein de tablettes d’isostar pour boisson.

On fait le point avec Corentin et Florian. Natale a encore disparu. Steph arrive.

Nous repartons à 3 dans le Col de Champex, le plus raide en moyenne du parcours, 11,6 km à 7,2% de moyenne.

 

Montée de Champex

Nous montons très calmement car nous savons que ca n’est que le début et que la pente est parfois très raide avec un km à plus de 10%. C’est une montée toute en lacets. Nous commençons à subir des grosses gouttes et surtout nous pouvons voir des éclairs sur le massif en face. Très spectaculaire mais Florian qui a la phobie des orages est plus qu’inquiet. Etant du métier de la gestion des risques foudre, j’essaie de le rassurer au maximum.

Sur le haut du col, la pluie se fait plus intense et comme les températures sont fraiches en haut, nous commençons à avoir froid. Je me dis que la descente est courte et je choisis de descendre sans me couvrir. Je déchante très vite. D’abord j’apprécie le freinage à retard des roues carbone en condition humide puis je commence à grelotter. Pas de panique. La descente est courte.

J’arrive en bas et là je commets une grosse erreur. Dans une longue ligne droite descendante je ne vois pas la bifurcation à droite vers le col du Grand Saint Bernard. Je tourne ma tête à droite et vois des cyclistes… Bizarre… Je me tourne vers les 2 coureurs qui me sucent la roue. Ils ne bronchent pas. Je continue la descente. Là nous croisons un vélo du TMB qui remonte… What??? Je me retourne. Haussement d’épaule de mes 2 suiveurs. Puis je vois le panneau de Sembrancher… Aie, aie, aie… Je me suis complètement planté. Je parle avec mes 2 suiveurs qui sont anglais et espagnol. Je leur dis qu’on doit faire demi tour. Ils ne sont pas convaincus. J’arrête un cyclo suisse en face. Il parle français et me confirme que je fais fausse route.

Nous repartons dans l’autre sens. Je refuse de penser au temps perdu et à la distance parcourue en bonus. Je ne suis même pas à mi parcours. Je ne peux pas me mettre une araignée dans la tête. Malgré çà je suis un peu énervé et j’attaque le vrai pied du col St Bernard sur un tempo bien plus élevé que ce que je m’étais imposé précédemment.

 

Grand St Bernard

La route est particulièrement désagréable. C’est vraiment une autoroute des alpes. Ca défile très vite, sans respect des distances de sécurité. A un moment j’entends un gros moteur. Je me retourne et vois un gros camion. Je vois qu’en face il y a du monde. Je sens qu’il est lancé après le dépassement d’un groupe derrière moi. Je lui fais de grands signes pour lui dire d’attendre que les 5/6 voitures en face passent mais je n’existe pas. Il me frôle à 50 cm… Whoua!!! On n’est pas grand chose. Il a du être saoulé par tous les cyclos qu’il a dus doubler. Je crois plusieurs fois rejoindre mes coéquipiers du VS2M par erreur. C’est long cette montée… J’arrive sur un paravalanche. Je ne le quitterai plus pendant au moins 4 à 5 km. Très pénible, car la chaussée est très étroite, les voitures se croient toujours sur l’autoroute, on respire les gaz d’échappement.

Dans ce long tunnel semi ouvert je reviens d’abord du Natale. Il a le masque à Natale. Indescriptible. Mais j’ose à peine lui parler. Dans le groupe suivant se trouvent Florian et Corentin. Je déclenche la caméra pour immortaliser les retrouvailles. J’avoue que mentalement ce fut une renaissance de les revoir.

Nous bifurquons à 7 km du sommet en dehors de ces maudits paravalanches. Nous retrouvons les alpes, sauvages et puissantes. En échange nous récupérons des pentes très prononcées, de 7 à 12%. Ca dure mais on reste solidaires avec Florian et Corentin. En haut du col, je découvre une abbaye. Insolite à cet endroit!!

Nous arrivons à un ravitaillement qui se faisait attendre. C’est le point de relais pour le VS2M. Ce point de récupération est un très bon moment de partage même si nous apprenons le forfait de Jeff qui semble malade.

La descente est sublime, impeccable. Nous sommes maintenant en Italie. A mesure que nous descendons nous sentons la température et l’humidité s’amplifier. Florian, Corentin et Natale me guident dans la descente.

Nous sommes maintenant dans la fameuse vallée de l’Aoste, qui peut parfois être une fournaise. Il fait chaud et lourd mais ca reste supportable. Florian me le confirme en annonçant 29°C dans la vallée.

C’est là l’unique longue transition quasiment plane. Nous revoyons le Mont Blanc en face de nous, une face inédite personnellement. Nous formons un petit groupe d’une dizaine d’unités. La forme est toujours là, d’autant plus qu’on attend le fameux ravito où l’on sert des pâtes! A mi parcours nous sommes arrêtés par la police. Une course pro se dispute en même temps. 5 à 7 minutes d’arrêt à voir défiler la caravane. Nous arrivons au fameux ravito à pâtes. Avec Florian et Corentin nous prenons le temps de nous assoir sur une table de piquenique pour déguster les pâtes. Nous prenons bien 15 minutes d’arrêt. Difficile à quantifier car on ne se soucie jamais du temps sur ce genre d’épreuve. Natale a encore anticipé le départ.

Nous repartons avec Corentin et Florian sur un faux plat montant. Florian nous dit que nous ne sommes pas dans le Petit Saint Barnard. Mais ca monte?? Le vrai pied se fait sur une intersection dans un village dont j’ai oublié le nom. Ce col porte mal son nom car sa montée dure 23,5 km à 5% de moyenne.

 

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Le départ est parfait, à l’abri, sur une route impeccable. Le trafic est moins prononcé dans cette transition entre l’Italie et la France mais les suiveurs (interdits!!!!!)  encombrent tout de même la route. La pente est faible, ca permet de savourer le massif alpin au maximum. Encore une fois je savoure la chance d’évoluer dans un cadre aussi sublime. A mi col nous traversons une petite station, moment rare dans ce parcours. Nous ne rejoignons toujours pas Natale. Il est fort le garçon! 3 km plus loin nous passons à côté d’une fontaine. Nous faisons l’appoint d’eau fraiche. Florian travaille son allemand avec des motards.

Nous repartons en gérant l’allure. Corentin modère le groupe.

En haut du col, je trouve mon 2ème ravito perso. Je prends mon temps. Peut être trop. Ca s’excite du côté de mes coéquipiers. J’enfile le maillot de l’ASVEL, mets des manchettes, fait le plein de gaufres, d’Haribo et de 4 quarts. J’essaie de m’alimenter tranquillement mais Corentin et Florian sont sur le vélo. Eh!! J’ai besoin de faire pipi les mecs!! Attendez moi! « Tu nous rattraperas ». Là je l’avoue je l’ai un peu mauvaise. Je suis très mauvais descendeur et sur une descente aussi roulante que celle qui nous attend je peur de prendre un gros écart. Mais je dois me soulager donc je n’ai pas d’autre choix que de laisser filer mes 2 compagnons de route.

Je repars seul, dans une descente à pente faible, vent de face. Elle n’est pas très technique donc je peux envoyer les watts. Je me fais rejoindre par un coureur de Blois, qui ne change jamais de braquet, 52 x 11 malgré les replats. Tant mieux, ca me permet de suivre tranquillement mais lui s’use à mort… 35 km de descente en lacets pour rejoindre Bourg Saint Maurice.

Plus que 2 cols. La forme est toujours là. Je ne me suis jamais mis dans le rouge mais il reste 2 cols HC. C’est pas le moment de se dire que c’est fini. Au sud ouest de Bourg Saint Maurice, un orage énorme gronde. Tiens l’araignée revient… La fin s’annonce compliquée. Nous trouvons un nouveau ravitos salée. On nous sert des pâtes à peine cuites… Je n’ai rien dit sur l’orga depuis le départ mais je n’en pense pas moins. La moindre cyclo amateurs est mieux organisée. Les contraintes de la rentabilité… au détriment de la sécurité des coureurs.

Nous prenons tout de même le temps d’essayer d’apprécier les pâtes (…), de faire le plein d’eau avant le dernier très gros col de l’épreuve, le Cormet de Roselend, 19 km à 6% de moyenne.

 

Cormet de Roselend

Pas le temps de soulager les jambes. Directement après le ravitaillement nous sommes dans les pentes de ce col.

Corentin me dit de partir à mon rythme. Je lui dis me caler sur mon cardio jusqu’à l’arrivée, toujours inquiet de la dérive malgré la proximité toute relative de l’arrivée.

Je me cale à 135 bpm. La pente est assez forte sur le début du col, 7 à 8%, mais ombragée en pleine forêt. Les jambes et le cardio vont bien. Nous bénéficions des panneaux du TDF qui nous donnent à chaque km la pente moyenne.

A mi col nous arrivons dans une petite vallée qui me rappelle des passages du col d’Ornon. J’y retrouve Natale qui avait scipé le ravito précédent. Encore le masque du Gd St Bernard mais ce coup ci on peut discuter. Je pense que ca nous fait du bien à tous les 2 surtout que depuis le début du col je me sens pas très bien d’un point de vue physiologique. Je commence à être écœuré. Je mets des choses dans la bouche mais le cerveau refuse de donner l’ordre d’avaler. Impression totalement inconnue pour moi. Pas de soucis, j’ai de la réserve dans le dos. Je décide de piocher dans le sac une gaufre pour absorber l’acidité dans l’estomac. Dur mais ca passe.

Nous sommes maintenant en haute montagne, paysage désertique, vent de face, et l’orage qui s’annonce. J’ai beau accélérer pour essayer de basculer avant la drash, rien n’y fera. Ce coup ci je ne veux pas faire la même erreur que dans le col de Champex. Je m’arrête dans la pente pour enfiler le gilet coupe vent conseillé par Yoman1 (génial!!!). J’arrive en haut, je commence à manger et papoter (triste habitude) quand l’orage se déchaine. Je décide d’attendre que ca passe. Les collègues du VS2M en relais nous préviennent que la descente est gravillonnée. Aie! Alors là c’est le super bonus, orage et gravillons! Plus de doute je stoppe jusqu’à ce ca se présente mieux.

Ca permet de retrouver Natale, Corentin et Florian. Difficile de faire l’état des troupes dans cette atmosphère de chaos. La décision de départ est compliquée à prendre. La vallée en dessous semble épargnée mais j’hésite avec ces indications de gravillonnages.

Le ciel semble clair sur la descente. Corentin et Florian partent. Je m’engage peu de temps après. Le début de la descente est comme annoncée, avec des sections gravillonnées mais roulables et très humides. Les jantes sifflent forts. Natale me rejoint dans la descente. Je l’imaginais loin devant. Nous allons faire toute la descente ensemble. Un pur moment de plaisir! Je suis au bord des larmes quand je vois les eaux turquoises du lac de Roselend. Je réalise que nous y sommes. Impossible de céder au pied de la dernière montée! Nous longeons ce lac encore plus clair que le lac d’Annecy pendant plusieurs km. Nous sommes seuls au monde. Nous passons devant une auberge dont le gérant nous encourage chaudement. J’ai du mal à contrôler mes émotions à ce moment. Difficile de comprendre pourquoi.

Nous arrivons sans vraiment en prendre conscience au pied du Col des Saisies.

En pleine descente, nous basculons directement dans la montée du Col.

 

Les Saisies

Nous voyons Florian arrêté sur le bord de la route. Lancés, nous demandons si tout va bien mais un espagnol que j’avais entrainé dans ma galère du Gd St Bernard hurle en me voyant et nous n’entendons pas sa réponse. Natale est survolté par l’idée d’arriver. Il mène le rythme. Je surveille le cardio pour ne pas dériver. Nous revenons sur Corentin… en train de téléphoner! Il souhaite un bon anniversaire à son filleul. A l’image du bonhomme!

Corentin nous demande des nouvelles de Florian. On lui dit qu’on l’a croisé au pied du col. Nous sommes dans une longue section de replat. Il nous propose d’arriver tous les 4 ensembles mais nous savons tous que le haut du Col notamment à partir de Hauteluce est très dure, 7km à 7% de moyenne. Corentin décide d’attendre Florian. Je retrouve un cyclo d’Oullins qui roule en Cannondale. J’ai le pédalier qui grince depuis qq km.  Je lui demande où il a acheté son vélo et là s’en suit une longue discussion sur les problèmes des pédaliers BB30. Dommage que je ne puisse pas prendre de notes.

Je fais un point sur mon Garmin 910XT. Il est en fond de batterie. M… J’ai moins de 30 min de réserve. Je décide d’accélérer pour finir sur un unique segment. C’est débile mais ca permet de trouver un point d’accroche et de motivation alors que le soleil commence à se coucher. A 3 km de l’arrivée, je retrouve un flamand avec qui j’ai discuté sur le parcours. Nous échangerons sur toutes nos expériences cyclos en attendant l’arrivée.

Nous entrons dans les Saisies. Je sors la caméra. On est au bout de l’aventure. Elle est tellement énorme que je n’en n’avais pas imaginé l’arrivée avant d’en être au pied. J’y suis. Nous sommes chaudement applaudis avec mon camarade belge.

Difficile de décrire la sensation à l’arrivée. Elle est relativement neutre. L’organisme s’est mis en mode diapause. Les membres du VS2M sont là. Je prends des nouvelles de tout le monde. Marc et Pierre sont déjà à la douche. J’ai déjà froid. Je vais à la voiture me changer. Je me dépêche pour filmer les arrivées de Natale, Corentin et Florian.

Tout le monde arrive, hagard mais conscient de l’épreuve accomplie.

Nous allons ensuite tous nous perdre de vue. Je vais aller manger pendant que mes camarades vont se doucher à l’hôtel. J’attends toute la bande au bowling mais je commence à être pris de crampes sur les cuisses et surtout je pique du nez.

Il est temps d’achever cette journée et de rentrer à l’hôtel. Je croiserai de nombreux concurrents dans le noir, dont un anglais, arrêté sur la gauche, totalement perdu. Je m’arrête. Il me demande qu’elle est la route pour les Saisies. C’est ca le TMB, un départ de nuit, parfois une fin au bout de la nuit.

J’ai enchainé par une nuit courte mais complète. Je suis conscient que la prochaine semaine va très difficile physiquement mais moralement j’ai renforcé ma passion pour le vélo. J’avais peur de m’en dégouter en prenant le départ de cette épreuve. Ce fut l’inverse mais je suis conscient que les conditions climatiques et le fait de partir avec un groupe soudé au sein du VS2M a permis d’achever ce défi.

Image de prévisualisation YouTube

Les objectifs de l’an prochain ne sont pas complètement figés mais je souhaite refaire un Swim/Run avec Nico. J’espère que l’épreuve tant attendue des Calanques se présentera! J’envisage également une cyclo en 3 étapes dans le Jura, conseillée par Alain.

 

Les stats

Temps officiel (avec ravitos) : 16h41, 19,8 km/h de moyenne.

Temps actif : 15h09, 339 km, 22,4 km/h de moyenne.

http://www.strava.com/activities/348987467

https://connect.garmin.com/modern/activity/837268131

Profil TMB

Remerciements

Je tiens à remercier tout le VS2M pour son ambiance exceptionnelle. Un remerciement particuliers à Jean-Denis, qui a su fédérer un groupe très divers dans un état d’esprit rare chez les sportifs en général et chez les routiers en particuliers.

Merci à Natale. Je n’ai pas de superlatif pour décrire le garçon. C’est juste un énorme guerrier. Aucune expérience de la haute montagne (une montée du Ventoux), LBL cette année et il se fait le TMB limite facile ;-P

Merci à Corentin et Florian, mes 2 compagnons de route sur 70% du TMB. C’était un bonheur de partager la route avec vous. Dans nos discussions, nous avons souvent pu nous affranchir de la difficulté du parcours.

Merci aux 2 Philippe, Pascal de l’ASVEL et Ronan du CRV avec qui j’ai partagés bon nombres de sorties longues mémorables dans les Monts du Lyonnais, le Beaujolais ou les Alpes dans la préparation de nos objectifs particuliers (IM de Nice).







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